Ce que Jésus a fait pour moi

Si on se réjouit tellement de l’arrivée du printemps, c’est parce qu’on a vécu l’hiver juste avant. Plus l’hiver est rude et long, plus on se réjouit de la vie qui « explose » lors de la saison suivante. Les couleurs, les odeurs, la chaleur offrent un contraste saisissant avec le froid et le gris de l’hiver. De la même manière, Pâques existe car un jour, la mort a laissé place à la vie. La vie en abondance.

Je ne veux pas parler des lapins en chocolat ou des repas de famille, quoique j’apprécie beaucoup les deux. La véritable histoire de Pâques est bien loin de tout cela. J’aimerais parler d’un repas d’adieu suivi d’une nuit d’angoisse dans un jardin. Une trahison, un abandon et des grumeaux de sang. J’aimerais parler encore des insultes, des crachats au visage, de cette couronne faite avec de longues épines pointues appuyée sur sa tête. Des yeux remplis de larmes. Du bois rougi par le sang. Une nuit noire en pleine journée. Une mort atroce sur cette croix.

Je ne veux pas oublier que d’abord, c’est cela Pâques… c’est le brisement le plus total, c’est l’obscurité la plus sombre, c’est la pire des injustices. C’est savoir que la fin approche, une fin terrible… avoir le choix d’y échapper et y aller quand même… par amour. Mais fort heureusement, l’histoire ne s’est pas terminée ainsi. La mort n’a pas eu le dernier mot. La vie a été bien plus forte, bien plus puissante. Un tombeau ouvert, un linceul défait, une bonne nouvelle qui se répand comme une traînée de poudre. La vie au lieu de la mort. La résurrection.

Il y a un peu plus d’un an, Pâques avait eu lieu juste une semaine après l’accident. J’attendais, j’espérais tant une « résurrection », une puissance de vie, un miracle dans cette épreuve. Un an plus tard, je suis toujours là à prier, à espérer, mais je suis en paix et rien que cela, c’est déjà un miracle. C’est cette paix qui m’a permis de voir les petites merveilles du quotidien. Se réveiller et être en vie, être ensemble, continuer à faire des projets, reprendre la vie là où on l’avait laissée et la continuer malgré tous les chamboulements occasionnés. Traverser les semaines et les mois avec cette assurance que Dieu vit tout cela à mes côtés, que son propre Fils a porté chacune de mes blessures, et qu’Il connaît tous mes chagrins.

C’est cela qui me console le plus… c’est ce qui s’est passé à Pâques. Réaliser toutes les souffrances qu’Il a dû supporter et endurer, uniquement par amour pour pour moi. Je sais qu’Il me comprend. Rien ne surpasse cela. Rien ne dépasse cette œuvre à la croix. Aucune épreuve n’est plus grande, aucune vallée n’est plus profonde, aucune de nos souffrances ne lui est étrangère, aucune peine ne lui est inconnue.

En effet, « ce sont nos souffrances qu’Il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé. Et nous, nous l’avons considéré comme puni, frappé par Dieu et humilié. Mais Lui, Il était blessé à cause de nos transgressions, brisé à cause de nos fautes : le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur Lui, et c’est par Ses meurtrissures que nous sommes guéris« . (Esaïe 53 : 4-5) Et c’est vrai, si je peux avancer aujourd’hui dans la paix, malgré les difficultés, les impossibilités et les bouleversements de ma vie, c’est uniquement grâce à ce châtiment qu’Il a pris sur Lui. Ce n’est pas magique, ce n’est pas un déni de la réalité. C’est réel pour qui veut le chercher, l’accepter. C’est un phare au milieu de l’océan, un havre de paix dans la tempête.

C’est ce que Jésus a fait pour moi.

Une réflexion sur “Ce que Jésus a fait pour moi

Répondre à Anne BERNARD Annuler la réponse.